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* CHEMIN SCABREUX

 "Le chemin est un peu scabreux

    quoiqu'il paraisse assez beau" 

                                        Voltaire 

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Publié par VERICUETOS

L'arbre digital, poésie d'Armando Romero

Le blog de Vericuetos a le plaisir de vous présenter un eventail des poémes du recueil L'arbre digital du poéte colombien Armando ROMERO, qui se trouve actuellement à Paris pour le lancement de son livre. Il a été traduit de l'espagnol par Saad  Hhosn.

 

L’arbre digital

 

C’était un homme à qui l’on avait enterré la main droite

Il passait ses journées allongé dans une chambre vide

Les pieds posés au haut de la fenêtre

La main gauche soutenant un œil-de-bœuf

Par lequel les rhinocéros

Inséraient leur corne

Et faisaient briller leur corsage métallique

Il se prenait pour un poète

Et passait tout son temps à parler de la guerre

Tant et plus

Qu’il avait négligé sa main droite

Celle-ci grandit lentement et furieusement

Et sans qu’il ne s’en rende compte

Traversa le monde de part en part

Quand les enfants du Nord de Sumatra

Virent apparaitre un arbre sans feuilles et sans fruits

Ils coururent effrayés appeler leurs parents

Ceux-ci vinrent armés de leurs grosses haches

Et coupèrent l’arbre à la racine

Un liquide blanc laiteux jaillit de son écorce taillée

Dès lors

L’homme tel un poète

Ressent une douleur terrible

Aigue

A un endroit du corps qu’il ne peut définir

 

El árbol digital

 

Era un hombre al que le habían enterrado su mano derecha

Pasaba sus días metido en una pieza vacía

Donde se sentaba

Los pies contra el ángulo superior de la ventana

Y su mano izquierda sosteniendo un ojo de buey

Por el cual los rinocerontes

Ensartaban su cuerno

Y hacían brillar su corteza metálica

Le había dado por ser poeta

Y se pasaba todo el tiempo hablando de la guerra

De tal manera

Que había descuidado su mano derecha

Esta creció lenta y furiosamente

Y sin que él se diera cuenta

Atravesó el mundo de lado a lado

Cuando los niños de la parte norte de Sumatra

Vieron aparecer un árbol sin hojas y sin frutos

Corrieron espantados a llamar a sus padres

Estos vinieron con sus gruesas espadas

Y cortaron el árbol de raíz

Un líquido blanco lechoso salió de ta corteza tronchada

Desde ese entonces

El hombre como un poeta

Siente un dolor terrible

Agudo

En un sitio del cuerpo que no puede determinar

 

Fleurs d’uranium

 

Ils arrivèrent les trois au même endroit

Commandèrent des boissons gazeuses

Saluèrent l’aimable compagnie

Ils allèrent les trois à la même table

Consommèrent des potions fumantes

Ils ne connaissaient personne

Ils n’étaient pas gênés

Il s’en suit

Que lorsque les trois se perchèrent

Sur la corniche

Sur la fenêtre

Au-dessus du trou

L’hôtesse de la taverne dit de ne pas s’effrayer

Qu’ils étaient une fleur nouvelle venue d’Orient

Mais quand ils descendirent et tuèrent toute la compagnie

Elle dit avant de mourir qu’il n’y avait rien à craindre

Qu’elle s’était trompée de jardin

Qu’elle s’était trompée de fleur

Et qu’au lieu de fleurs de Bouda

Elle avait apporté des fleurs d’uranium

 

Flores de uranio

 

Llegaron los tres al mismo sitio

Pidieron espumeantes bebidas

Saludaron a la amable concurrencia

Llegaron los tres a la misma mesa

Tomaron humeantes pociones

No conocían a nadie

No estaban incómodos

Y he aquí

Que cuando los tres se encaramaron

Sobre la cornisa

Sobre la ventana

Sobre el agujero

La mujer de la cantina dijo no se asusten

Que ellos eran una nueva flor traída de Oriente

Pero cuando descendieron y mataron a toda la concurrencia

Ella dijo antes de morir que no había nada que temer

Que se había equivocado de jardín

Que se había equivocado de flor

Y que en vez de traer flores de Buda

Había traído flores de Uranio

 

L’alchimie du feu inutile

 

Dans le four de pierre

D’où le feu s’échappe

Il fait silence

Les formes qui surgissent

Tiennent le langage universel

Du feu et de la pierre

Leurs paroles se transforment en cris de couleurs.

Elles aiment et disparaissent

A première vue

Elles créent et détruisent

Au battement des yeux

On ne retrouve jamais deux fois la même forme

Dans le feu Dans le silence Dans la pierre

Quelque chose brûle

Qui n’est pas le feu

Quelque chose chante

Qui n’est pas le silence

Quelque chose durcit

Qui n’est pas la pierre

 

Alquimia del fuego inútil

 

En el horno de piedra

Donde el fuego brota

Hay silencio

Las figuras que surgen

Tienen el idioma universal

Del fuego y de la piedra

Cambian sus palabras como gritos de colores

Aman y desaparecen

A primera vista

Crean y destruyen

Al aleteo de los ojos

Nunca se encuentra dos veces la misma forma

En el fuego En el silencio En la piedra

Hay algo que flamea

Que no es el fuego

Hay algo que canta

Que no es el silencio

Hay algo que se endurece

Que no es la piedra

 

Les deux mots

 

Un Mont est un Moine perché sur la tête

Un Moine est un Mont accroupi sur les pieds

Mont et Moine

Sont la même chose

Le Mont à la chevelure en source de boue

Le Moine comme un silure remuant sa queue à l’air

Il n’y a pas de Mont qui n’ait chevauché de Moine

Il n’y a pas de Moine qui n’ait déraciné de Mont

Les Moines poussent sauvages

Ils prient comme des aiguilles de pendule

A coups de gourdins

Bruiteux telle une messe dans la rue dénudée

Un Mont qui crie

Est un Mont qui se tait

Le Moine coupe le Mont à l’aide d’une lame

Le Mont déchire le Moine à l’aide d’une scie

Il faut bien parler pour que tout soit clair

 

Las dos palabras

 

Un Monte es un Monje parado sobre su cabeza

Un Monje es un Monte sentado sobre sus pies

Monte y Monje

Son la misma cosa

El Monte con su cabellera de fuente de lodo

El Monje como un siluro dando coletazos al aire

No hay un Monte que no haya cabalgado sobre un Monje

No hay un Monje que no haya arrancado de raíces un

Monte

Los Monjes se dan silvestres

Oran como relojes de péndulo

A garrotazos

Silvosos como una misa en la calle pelada

Un Monte que grita

Es un Monte que calla

El Monje corta el Monte con una cuchilla

El Monte desgarra el Monje con un serrucho

Hay que hablar bien para que todo quede claro

 

Petit poème dédié avec affection à la

Mémoire de Mr Isidore Ducasse (Q.E.P.D.)

 

Les gens ont défilé en procession funèbre

Devant ton visage et ton vieux corps, ami

Et ils ont dit :

Des dents te pousseront à la place des poils

et des aiguilles te sortiront des pores

Ils tailleront d’un seul coup tes entrailles

et te coudront le ventre avec des mitrailleuses

Ils te lanceront telle une pierre dans l’abîme

et des abîmes te tomberont dessus

Mais toi tu es là-bas près de Lui

Écoutant les Fables que toi-même écrivit

Interprétées par des Chœurs Angéliques dans le Ciel

Gauche

Alors que dans le Ciel Droit on chante tes Poésies

Et tu garderas le Silence

Pendant que Lui méditant écoutera ses Saints qui diront

Ceci est un délice

Et avec son sourire de vieux sage il t’observera et comprendra

Ensuite te passant le bras par-dessus l’épaule

Et te conduisant à travers un large labyrinthe il te dira

Fais comme moi, j’oublie tout quand tu seras au Paradis

Et alors toi Conte poussiéreux tu lanceras à sa propre face

ton éclat de rire strident

Ils disent que dans les Cieux l’étonnement a depuis remplacé

la raison

 

Poemita dedicado con cariño a la

Memoria del señor Isidore Ducasse (Q.E.P.D.)

 

La gente se ha sucedido en quemante procesión

Contra tu rostro y tu cuerpo viejo amigo

Y han dicho:

Te crecerán dientes en vez de pelos

y aparecerán agujas por tus poros

Cortarán de un solo tajo tus entrañas

y coserán tu vientre con ametralladoras

Te lanzarán como piedra al abismo

y te caerán abismos en la cabeza

Pero tú estás allá junto a El

Escuchando estas Fábulas que bien escribiste

Interpretadas por Coros Angélicos en el Cielo Izquierdo

Mientras que en el Cielo Derecho cantan esas tus Poesías

Y estarás en Silencio

Mientras El meditando escuchará a sus Santos que dirán

Esto es una delicia

Y con su sonrisa de viejo sabio te mirará y comprenderá

Luego, pasándote su brazo por encima del hombro

Y mientras te conduce por un amplio laberinto te irá diciendo

 

Haz lo mismo que yo, olvídate de todo cuando estés en el

Paraíso

L'arbre digital, poésie d'Armando Romero
L'arbre digital, poésie d'Armando Romero

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Libia Acero-Borbon 12/06/2016 22:04

Muchas gracias querido Gabriel. Feliz domingo !

Gabriel Ruiz NTC 12/06/2016 15:41

Gracias. Felicitaciones y éxitos para el amigo y poeta Armando Romero (Cali, Colombia, 1944). Celebramos la publicación de este nuevo libro bilingue. En NTC ... sobre el Poeta, el libro y el evento del 15 de Junio 2016 en París, acceder y navegar: http://ntc-libros-de-poesia.blogspot.com.co/2016_06_04_archive.html . Allí incluimos enlace a esta publicación de VERICUETOS.