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* CHEMIN SCABREUX

 "Le chemin est un peu scabreux

    quoiqu'il paraisse assez beau" 

                                        Voltaire 

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Publié par VERICUETOS

 

Sylvie Malevergne, poéte, "nouvelliste" et artiste peintre, commence à écrire à l'age de onze ans, d'abord des poémes et ensuite des nouvelles. Dans sa quête de l'exercice d'un art total, elle conjugue la création de dessins, peinture et écriture. Au cours des années, la création artistique devient une évidence au point de se consacrer totalement à écrire et à peindre. Quant à l'écriture, Sylvie nous explique sa démarche poétique :

- " J'écris autant au fil de mes sentiments que suivant la cascade de mes réalités et que glissant sur la rivière toujours changeante de l'émotion et de l'insolite. Réinventer est pour moi une nécessité, une bouffée d'oxygène. En fait il s'agit tout simplement de trouver ma vérité, autant dans le maniement des mots que dans le traitement du sujet d'écriture. Aussi à chaque poème, je poursuis le mot sous tous ses angles pour choisir l'exactitude et l'effet précis de l'image et de la sonorité  que j'ai en tête pour mes poèmes. Ceux -ci  répondent aux élans autant que mes tableaux, mes gravures et que mes sculptures qui mènent à une nouvelle interprétation de la langue écrite, de la langue poétique. Trois directions se sont imposées à moi très jeune pour l'écriture de ma poésie:

       - aller vers moi

       - aller vers les autres

       - aller vers l'inattendu, l'étrange et bousculer les conventions poétiques "

 SylvieM.708

Sylvie Malevergne, poéte et nouvelliste et artiste peintre


"Si nos mains"

 

Si un beau jour, j'espère

Si une fois dans ma vie, je vies

Si tes pleurs m'alarment

                                                  Je crois que je prendrai ta main                                                                                                    

Si la croix est ton chemin

Si l’enfer est plutôt le mien

Si je ferme les yeux, je ne suis rien

Si tu les ouvres avec les tiens

je crois que je prendrai ta main

 

Si main dans la main, on se tient

Si main par la main, on y arrive

Si de main en main, on se donne

Je crois que demain sera bien

 

 

Amours magiciennes

 

Dans les steppes d'Afrique

je serai lionne et gazelle

Au gré de cette baguette magique

je serai la bête et la belle

Dans ce désert arabique

Cachée dans tes doigts

Au gré de cette baguette magique

Ta main sera mon toit

 

Mais, si tes yeux se rebellent

Avant que le rideau ne choit

je serai perdue pour toi

Sous une pluie d'étincelles

 

Au bord de la méditerranée

je serai le rocher et la vague

Au gré de ce bâton de fée

je serai le cœur et la dague

Au bord de la mer d'Egée

je serai ton égérie

Je serai ton secret

 

Mais, si tes yeux divaguent

Avant la fin de la magie

 Je serai ensevelie

Sous les vagues de tes sourires

 

 

Un comme Impuissance


C'est comme un torrent

De feu

Qui ronge mon cœur

le fend en deux

C’est comme le feu du canon

Qui éventre nos lendemains

A l’unisson

Dans un silence profond

Au petit matin frileux

 

Sans cesse coulent au loin

Les méandres couleur sang

D'une mémoire coup de poing

De sourires fielleux de cieux mourants

Mon cœur agonise par manque de soin

Mes lèvres s’endorment sous le givre blanc

 

C’est comme la vague à l’âme

Qui brise de ses lames

Des rochers de brumes

C’est comme une révolte de femme,

Perdue dans un océan d’énclumes.

 


Je t'aime

 

Le vent souffle

Les feuilles volent

Les éclairs s'enflamment

Avec fracas dans un ciel laiteux

 

Et, toi, tu regardes le feu

Qui brule dans mes yeux

L'éclat de sang de mes lèvres

Qui brulent sous cette chaleur

 

Tu ries et je pleure

Tu chantes et je me tais

je chante et tu me regardes

Entre nous, ce pont

 

Comme souffle le vent dans tes veines jeunes

Brule en moi le feu de ces éclairs enflammés

 De ce ciel laiteux et glacé.

Je T'aime

 

Bloody stories

  

De marbre et de sang

J'habille mon regard

Les soirs de la ST-Jean

Quand il fait bien noir

 

Bloody stories

 

Que tremblent les intrigants

J'ennivre nul écart

Les soirs de la St-Jean

Que brûlent leurs espoirs!

 

Bloody stories

 

Mi- vampire, mi enfant

J'enivre ces vantards

Les soirs de la St-Jean

Sans laisser de pourboire.

 

Bloody stories

 

En ronde ces élégants

De vanité s'égarent

Les soirs de la St-Jean

Leur chute est ma victoire

 

 

Bloody stories!

 

SylvieM. 705-copie-1

 

Rouges Souvenirs Rouges

 

La caserne est déserte

Ses murs gris et humides

S'élèvent en dent de scie et

Crèvent, ce soir, la rondeur

De la lune

 

Les bottes de cuir crottées

Sont restées.

Les képis ont suivi

Les souliers vernis

Ils sont sortis.

Dehors, une paire de bottes

Crottées montent la garde.

 

Impatience, ennui, lassitude

Révolte, lui font faire les cent pas

A force de cent pas, elle

Fait des kilomètres et

Se souvient ses heures de combats

  

Le sang coule à nouveau en cauchemar

Sur ses lacets, se mélange à la boue

Une odeur nauséabonde s'échappe

L’écœurement réprimé depuis des lunes

Le submerge d'un coup

  

Le cuir humide serre les pieds

Dans un dernier effort, ils soulèvent

Leur ombre encore et foulent

Les anciennes illusions

Puis, écrasent celles à venir.

 

 

Les voyageurs de l'aurore

 

Cueillir la rosée du matin

Lorsque la nuit se lève

Frissonnante sous mon châle bleu-gris

Je me dirige vers la gare

Où sont déjà les voyageurs de l'aurore

 

La voix mélodieuse

De l'hôtesse virtuelle

De cette ligne, nous prévient

Du temps d'attente

Une minute, rien qu'une minute

Une minute suspendue, le temps de

Réajuster mon chapeau bleu-gris

Et, mes gants gris-bleus

Là, ça y est, la rame entre en gare

Glisse jusqu'à nous, les voyageurs

Du petit matin d'hiver

 

Tous s'engouffrent

La buée colle aux fenêtres

Bien fermées des wagons

Filant dans Paris

Illuminé par toutes ces lumières

Lucioles des immeubles gris- bleus

Au petit matin brumeux

Boulangeries, cafés laissent échapper

Leurs senteurs du petit déjeuner

 

La rame rejoint les tunnels sombres

Bientôt, l'arrivée à destination

Plus qu'une station

Comme des milliers de voyageurs

Concentrés, disciplinés, muets

Gris-bleus ou bleu-gris

 

Proche Inconnu

 

Bousculée, brassée

Entourée,  encerclée

La respiration courte

Des têtes devant, derrière

Partout, aux cheveux courts, aux cheveux longs

  

Nos souffles s’emmêlent

Devant nos mines qui s'observent

D'un coup sec, la rame s'arrête

Tous au coude à coude, retiennent

Leur réflexe, au milieu du tunnel sombre

  

Des têtes partout aux cheveux courts,

 Aux cheveux longs

Mon souffle balaie la mèche de mon voisin

Le plus proche

Son regard se fige dans le mien.

  

Enfin, la rame redémarre

Enfin, elle rejoint la station carrefour

Des têtes partout aux cheveux longs,

 Aux cheveux courts, descendent,

Et, toi avec eux. En me laissant de l'espace

Je n’ai pas senti le vide, je garde ton sourire

 Dans ma bulle

Roule, roule, que je me retrouve dans mon alcôve

Loin de ces têtes aux cheveux longs et aux cheveux courts.

  

Au Hasard Du Chemin

  

Un métro, un autre

Le suit, un  autre encore

Quand la voix de l'hôte

Virtuel de la ligne

Cisaille le silence

Parle d'un accident

Qui interrompt le service

Panique à bord!

Quel chemin prendre sans retard

Ni délai?

Ah, nos vies ne tiennent qu'à un fil

Ou qu'à une ligne donc.

En suspens la vie de cet inconnu

En suspens mon rendez-vous futile

Comment contourner, comment choisir

Notre ligne, notre destin?

Doit-on élire notre route sans trop penser

 

Aux mauvais hasards, je le pense et roule métro

 

 

COURT-CIRCUIT

 

 Je vibre électrique

Au rythme de cette mécanique

Jusqu'au point critique

 De rêves sulfuriques

 Où la pierre devient brique

 

Electrique, je vibre

J'en perds l'équilibre 

Je ne suis plus libre

Donne-moi ton calibre

Ou jette dans le Tibre

  

Sans hésiter, je me grise

Ton souffle, ma seule brise

 Sur mes lèvres, attise-les

 Flammes qui m'hypnotisent

 Survoltée, je court-circuite

 Oh; s'unir dans cette fuite

 Dans cette folle poursuite

 Y aura-t-il une suite ?

 oh? prions le dieu sweet

  

Je court-circuite survoltée

Fusibles et cœurs disjonctes

Tout espoir électrocuté

Allons, allons, faisons tout sauter

Pour oublier le filtre bleuté

 

Sans hésiter, je me brise

Ton souffle me grise

Attise à ta guise

 Les flammes qui me maîtrisent

Sans hésiter, je te brise

 Mon souffle te grise

 Attise à ma guise

 Les flammes qui nous maîtrisent

  

Poème triptyque                                    

 

                                          Poésie d'un instant

                                          Mot du vent d'un instant

                                           S'évanouit lentement

                                           Dans un lointain tourment

  

                                          Univers de saphirs            Monde de plexiglass

                                          Fait pour éblouir               De verre et de glasses

                                          Aux reflets de zéphires      Multiforme d'espaces  

                                          Aux sons des plaisirs        Tout en surfaces                           

 

                                           Étincelle d'un soir            Monde d'argile   

                                           Troublant savoir              Un rien plus subtil

                                            Éclatante ivoire               Un rien plus fragile

                                            Rebelle miroir

 

 Bleus d'amertumes               Poésie d'une heure                Monde d'équilibre      

Sur les bleus d'écume           Brassées de fleurs                 Tout du même calibre

 S'évaporent ces brumes        A l'unisson meurent             Bulle de Cuba Libre

Vers un océan de plumes      A l'ombre d'une lueur            Au bord du Tibre                        

    

Rires plein de couleurs

Du  regrets et des pleurs

Pâles langueurs

Pourpres éclats

De rêves las

De vains  tracas

S'enfuient en fracas

 

Croisières sur des bulles

 

Petit poisson dans l’eau

Je bulle triangle et isocèle

Je vous envisage dans tous vos visages

 Présente dans l’absence

 Je bulle notre rencontre

 Comme une seconde éternelle suspendue

 Entre nuages sur Terre

 Je bulle carré et noctambule

 Je ne vous perds de vue

Je vous offre ma source

Derrière chacune de mes images

Au grand détour du hasard

Je vous contiens dans ma mémoire

Et, je vous donne en héritage

Ces bulles triangles et isocèles

Petit poisson de lune

Je lune chacune de mes bulles

En vous offrant ces gouttelettes

Opalines comme le souvenir

Au gré des marées sans écume

 Je danse dans l'eau tourbillonne

Avec vous, mes tendres qui m'honorez

 De votre présence dans mon absence.

 

                        SylvieM. 711


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nataly 27/11/2014 14:11

Je trouve que c'est magnifique les poèmes de cette écrivant. Elle réussit à donner vie aux mots et à recréer les images des sentiments qu'elle veut transmettre à partir de ces poèmes. Ses tableaux reflètent certainement la nature des ces poèmes, très sentimental, profonde et surtout, intime.