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* CHEMIN SCABREUX

 "Le chemin est un peu scabreux

    quoiqu'il paraisse assez beau" 

                                        Voltaire 

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Publié par VERICUETOS

Entrevue à Julio Carrasco, poète, artiste mexicain, réalisée par Efer Arocha

                                                                                                        París Junio de 2015

1. - Où êtes-vous né Julio ?
Je suis né à Mexico un 2 décembre 1950, la révolution mexicaine était terminée depuis 30 ans et le Mexique recevait les exilés de la deuxième guerre mondiale, outre ceux qui avaient déjà fui la guerre civile espagnole. Ma mère était issue d'une famille conservatrice, religieuse, d'origine porfiriste et d'un père galicien, traducteur de langues, athée et socialiste qui était parti d'Espagne à la fin de la guerre civile.
 
2 - Comment s'est déroulée votre enfance, votre adolescence et votre jeunesse?
J'ai toujours été précoce depuis l'enfance et aimé la lecture, grâce à mon frère aîné qui m'a appris à lire et à écrire à l'âge de quatre ans aussi à cinq ans je suis rentré en CE1 et mon père m'a offert un dictionnaire, que je lisais pour apprendre la signification des mots. Adolescent j'étais introspectif, attiré par les arts et la culture, j'ai réalisé mon premier tableau à onze ans et écrit mon premier poème à quinze. Avoir sauté des classes a fait que j'ai toujours été le plus jeune en cours, y compris quand je suis entré à la Faculté de chimie.
 
3 – Expliquez-nous la relation entre la peinture et la poésie
Cette relation tient à l'admiration de deux créateurs, le premier fut Diego Rivera, quand j'ai contemplé ses œuvres dans le Palais national j'ai voulu faire des murals quand je serai grand et José Gorostiza avec le poème Mort sans fin.
4 - Est-ce la peinture qui influe dans la poésie ou vice-versa?
Je pense que c'est de la dialectique, c'est à dire que la poésie m'a conduit à réaliser des tableaux et à leur tour les peintures m'ont fait écrire des poèmes sur les thèmes qui y étaient représentés.
 
5 - Laquelle des deux est venue en premier?
Ce fut la peinture avec mon premier tableau à l'huile que j'ai réalisé empiriquement à la préadolescence. Ensuite, étant tombé amoureux pour la première fois, j'ai écrit mon premier poème d'amour en 1965.
 
6 - La peinture se vend? Que faites-vous de la poésie?
J'ai pu vivre de ma peinture après 20 ans d'activité, avant je vivais de mon travail de professeur à l'Université Nationale Autonome de Mexico, ensuite les dix années suivantes j'ai eu la chance d'avoir un frère visionnaire, qui a été mon mécène pendant de nombreuses années, outre les œuvres que je vendais il m'achetait des tableaux tous les mois, il a été très généreux avec moi. Une autre raison qui nous unissait est que lui aussi écrivait de la poésie et avait publié ses poèmes.
Si la poésie se vend? Non elle ne se vend pas mais elle nourrit l'âme, aussi bien de celui qui l'écrit que de celui qui la lit.
 
7 – Pouvez-vous faire référence à l'histoire de la poésie mexicaine et citer quelques noms clés?
L'histoire de la poésie mexicaine date de l'époque de la culture olmèque, maya aztèque et acolhua. Un des exemples les plus connus sont les poèmes de Nezahalcoyotl, pendant la vice-royauté les personnages les plus connus furent Sœur Juana Inez de la Croix et Siguënza y Gongora, pendant l'Indépendance Andrés Quintana Roo, pendant la Réforme Guillermo Prieto, et à l'époque porfiriste Ramón López Velarde e Ignacio Ramirez "Le Nécromant", durant la Révolution Maple Arce, Esteban Echeverría, Amado Nervo, Salvador Diaz Miron. Après la Révolution Salvador Novo, Carlos Pellicer, Jorge Cuesta, Octavio Paz, Xavier Vilaurrutia, Alfonso Reyes, Jose Gorostiza, José Revueltas. Parmi les contemporains, Elias Nandino, Juan Bañuelos, Jose Emilio Pacheco, Jaime Sabines, et ceux de mon âge Elsa Cross, Puri Yánez, Evodio Escalante et tant d'autres, la liste est longue.
 
8 - Considérez-vous qu'il existe une influence des poètes américains sur les mexicains?
J'ai toujours admiré et été influencé par Ezra Pound, Conrad Alken et par les canadiens Léonard Cohen, Emile Nelligan, Margaret Atwood, les cubains Nicolas Guillén, Dulce Maria Loynas et José Marti, l'uruguayen Mario Benedetti, les nicaraguayens Ruben Dario et Gioconda Belli, le péruvien César Vallejo, le colombien Porfirio Barba Jacob, la paraguayenne Joséphine Pla, les chiliens Vicente Huidobro, Salvador Rojas et Pablo Neruda, le vénézuélien Andrés Eloy Blanc, l'argentine Alfonsina Stormi, j'en oublie sûrement quelques-uns. L'horizon de la poésie est tellement vaste que je pense que nous pouvons construire une carte rigoureuse de notre région avec les noms de tant de poètes existants.
 
9 – Pouvez-vous citer des poètes mexicains inconnus?
Me vient à la mémoire la poésie de Maricela Guerrero, Tania Carrera et Cristian Pena ou celle du mordant Gerardo Miranda avec ses poèmes pour les maniaques du feu, du sexe, je n'en cite pas plus parce qu'hélas je n'en connais pas d'autres. 
 
10 - Quel est votre poète mexicain préféré?
Il y en a trois: Octavio Paz pour toute son œuvre poétique, qui va de l'amour au cosmos, Jaime Sabines, pour son érotisme de la peau du mot et José Gorostiza pour ses labyrinthes de la raison et le sentiment toujours accrochés à ses poèmes.
 
11 - La participation de la femme dans la poésie mexicaine est-elle importante?
Elle est plus qu'importante, elle est nécessaire bien que l'univers des poètes connus soit plus masculin que féminin, heureusement à partir de la deuxième moitié du XXème siècle, la femme mexicaine intervient avec son propre discours et s'ouvre à la poésie, où prévaut encore un cercle littéraire poétique machiste. Ainsi par exemple au XXème siècle Lupita Amor est l'une des grandes figures, avec une mémoire extraordinaire de ses propres poèmes et de ceux des poètes des siècles précédents, Griselda Alvarez qui de plus fut la première femme gouverneur d'un état du Mexique, Rosario Castellanos qui a été Ambassadrice du Mexique, Esther Seligson,  qui était aussi critique d'art, d'arts plastiques.
 
12 - Pourquoi se convertir en muraliste?
Ce fut d'abord le premier souvenir durable de la première rencontre avec les murals de Rivera, en compagnie de mon père en 1961, ensuite pour avoir pris des cours de peinture avec le peintre et architecte Lino Picaseno y Cuevas en même temps que je préparais mon diplôme d'ingénieur chimiste et à la UNAM, poussé par l'idée que l'œuvre murale me permettrait d'exprimer plastiquement mon esprit analytique et critique vers la réalité sociale, politique et culturelle; Plus tard, pour conforter ma prise de décision, l'influence d'un ami cher, le peintre muraliste Daniel Ponce Montuy, même si je me dois de préciser que j'avais déjà peint mon premier mural à l'époque.
 
13 - Quelles péripéties avez-vous vécues dans votre trajectoire de muraliste?
Celles de la majorité des peintres, lutter pour obtenir les murs, ce qui est un travail très différent et compliqué par rapport aux œuvres de chevalet. Je peux raconter une anecdote, je n'ai mangé pendant une semaine que du thon en boîte et du pain parce que je n'avais pas d'argent, ou bien celui qui me commandait l'œuvre n'en voulait plus ou je me suis fait voler des tableaux par des galeries à l'étranger et l'obligation permanente de subvenir aux besoins des familles que j'ai formées avec différentes femmes, bien que, heureusement, je n'ai eu que deux filles, enfin mener une double vie avec deux travails pour faire face aux dépenses quotidiennes
 
14 - Quel est le mural qui vous a donné le plus de satisfaction?
Il y en a plusieurs, dû à différentes circonstances dans les processus de création. Le premier a été peint à la campagne et avant de le transporter à Mexico, j'ai réalisé la première exposition d'un mural pour le montrer aux paysans du village d'Acoculco, situé dans les montagnes de Chignahuapan, Puebla. Le second, le mural destiné à l'Exposition Universelle de Séville 92, avec lequel j'ai inauguré la première exposition itinérante d'une œuvre monumentale mexicaine, le troisième pour la Chambre des Députés de Mexico, le quatrième, celui offert à l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle à Genève, en Suisse, le cinquième à la demande de la Fondation Franco-britannique et que j'ai réalisé avec des adultes qui avaient des problèmes psychiatriques. Le sixième qui se trouve dans la principale station de métro de Budapest, ce qui ne veut pas dire que je n'ai pas eu de satisfaction à peindre le reste de mes murals, je dois préciser qu'au jour d'aujourd'hui j'ai peint 67 murals au Mexique, Canada, Cuba, Argentine, Colombie, Equateur, Espagne, France, Suisse, Bulgarie et Hongrie.
 
15 - Parlez-nous des muralistes mexicains et de leur histoire
Il m'est difficile, vu l'espace de cette interview, de me référer à un grand nombre de muralistes mexicains, vu la pléiade de peintres de ce type que le Mexique a fourni. Les plus connus à l'étranger sont Gerardo Murillo, plus connu sous le nom de Dr Atl, Diego Rivera, Clemente Orozco, David Alfaro Siqueiros et Rufino Tamayo. Mais ont été aussi talentueux Jorge Gonzalez Camarena, Juan O'Gorman, Miguel Covarrubias, Roberto Montenegro, Aurora Reyes, Mario Orozco Rivera, Daniel Manrique, Daniel Ponce Montuy, José Hernandez Delgadillo, Arturo Estrada, Jorge Flores, Francisco de Icaza, Guillermo Ceniceros, Adolfo Mexiac, Raul Anguiano, Pedro Medina y et bien d'autres, la liste est énorme, je dois dire qu'il y a 100 muraux de peintres mexicains répartis sur les cinq continents.
 
16 - Quelle importance a eu le muralisme dans l'identité de Mexico?
Il a été vital, si nous comprenons qu'il a intégré l'imaginaire historique mexicain, même plus, il a représenté le concept de "mexicanité" qui a donné lieu à l'identité nationale, avant de nous constituer comme nation et ensuite, dans les processus de transformation sociale, politique et culturelle: le Mexique est une nation multiculturelle avec 64 langues survivantes sur les  384 qui existaient avant la colonisation.
 
17 - Existe-t-il actuellement un mouvement de muralisme au Mexique?
Bien sûr que oui, même s'il n'est pas suscité ni reconnu à son juste niveau par les instances culturelles du gouvernement, il manque une stimulation officielle de la création. Néanmoins  le muralisme va de l'avant, que ce soit de par l'activité individuelle des peintres ou bien au travers de groupes organisés comme le sont le Mouvement Muraliste Mexicain, la Société des Muralistes Mexicains pour la Culture Universelle, des collectifs comme "Art en guerre contre la guerre" entre autres organisations;
 
18 - Quelles sont les différences esthétiques entre l'œuvre de chevalet et l'œuvre murale?
Les différences sont d'origine théorique et pratique. Dans la peinture de chevalet en général, la composition des éléments représentés a, dans le meilleur des cas une harmonie, produit de l'application du nombre d'or ou section d'or, l'impact visuel des couleurs et des formes de par leurs dimensions et leurs superficies ou périmètres sont moindres comparées aux dimensions d'un mural; de plus, en général, le tableau possède une ergonomie anthropologique accessible, en d'autres termes un tableau est à la portée de l'artiste dans son processus de création, physiquement et visuellement.
Dans l'œuvre murale la composition a, comme fondement, de donner unité à la diversité des éléments qui constituent l'œuvre, à partir de cette condition on trace le nombre d'or, les constantes de l'espace et du temps, si nécessaires pour développer le discours plastique, et la surface n'est pas accessible à l'artiste, ni même visuellement à partir de l'endroit où il la peint.
L'artiste doit imaginer comment se voit ce qu'il peint à une certaine distance, ou bien chaque fois qu'il réussit à terminer une figure ou un motif, descendre de l'échafaudage et la regarder à une certaine distance, pour vérifier qu'il a réussi à obtenir l'effet recherché.
 
19 - Existe-t-il des tendances renouvelant le genre du mural?
Elles existent, tant dans la surface qui supporte le motif qui compose le mural, que dans l'emploi de nouveaux matériaux artistiques, sans oublier le contenu sémiotique des murals. De telle manière que la technique au « Fresco », dans la majorité des cas a été remplacée par l'usage d'acryliques, de laques automotives et d'adhésifs avec des pigments naturels minéraux, de pigments artificiels, de colorants d'origine animales ou végétales, de résines polyester mélangées à des silicates ou carbonates, de carbonates siliconés, de ciments et polymères mélangés à des couleurs, etc… Tout particulièrement depuis 40 ans je travaille sur des superficies de fibres de verre avec du marbre siliconé, sur une structure qui permet d'enrouler et de transporter les murals.
J'ai expérimenté cette technique avec les matériaux mentionnés à la recherche de l'équilibre entre ses composants et l'ai baptisée "Isoplástica".
En ce qui concerne le discours plastique, il s'est enrichi avec la diversité de la thématique traitée par les peintres de la génération née dans la seconde moitié du XXème siècle, représentée par les muraux contenant des thèmes liés non seulement aux réalités politiques et sociales, mais aussi à l'érotisme, la philosophie, la technologie, les sciences interdisciplinaires, l'écologie, etc.....
 
20 - Le muralisme mexicain est-il présent dans l'idéologie politique et la philosophie? Si oui, pouvez-vous expliquer de quelle manière?
Il est présent et je considère qu'il continuera de l'être tant que les graves problèmes sociaux, économiques et politiques existent, par exemple le manque de démocratie sociale, la présence de l'injustice, la misère, l'analphabétisme, l'impunité dominante et tous ces boulets que nous trainons historiquement. En ce qui concerne le contexte philosophique, il suffit de préciser que Mexico, comme je le disais, est une nation multiculturelle dont les manifestations culturelles, cosmogoniques, parémiologiques, etc, sont un terrain fertile pour redécouvrir, recréer et les diffuser par le biais des muraux.
Je considère le muralisme comme l'un des "Philein" de la philosophie où le "Logos", en tant que raison philosophique pour comprendre la réalité, s'exprime au travers du discours plastique iconographique.

 

 

Entrevista a Julio Carrasco por Efer Arocha

                                                                                París Junio de 2015

1.- Adónde naciste Julio
Nací en México en el Distrito Federal, un 2 de diciembre de 1950, la Revolución mexicana había terminado tres décadas antes, y México recibía a los exiliados de la Segunda guerra mundial, además de los anteriores provenientes de la Guerra civil española. Soy hijo de una madre, que provenía de una familia conservadora, religiosa, de origen Porfirista y un padre gallego traductor de idiomas, ateo y socialista que salió de España al final de la Guerra civil.
 
2.- Cómo fue tu infancia, adolescencia y juventud
Fui precoz desde la infancia y aficionado a la lectura, gracias a mi hermano mayor aprendí a leer y escribir a los cuatro años, y a los cinco ingresé a segundo de primaria y mi padre me regaló un diccionario, el cual lo leía para aprender el significado de las palabras. De adolescente era introspectivo, propenso a las artes y la cultura, comencé mi primer cuadro a los once y mi primer poema a los quince, el haber anticipado los ciclos escolares propició que siempre fuera el más chico en los cursos, incluso cuando entré a la Facultad de Química.
 
3.- Explícanos la relación entre la pintura y la poesía
Esta relación se genera en base a la admiració de dos creadores: primero con Diego Rivera, al contemplar su obra en el Palacio Nacional, quería hacer murales cuando fuera grande y la de José Gorostiza, con el poema Muerte sin fin.
 
4.- Quién influye la pintura en la poesía o viceversa
Yo pienso que es dialéctica, es decir, la poesía me ha llevado a realizar obra de caballete, y a su vez las pinturas me han incitado a escribir poemas sobre los temas representados en éstas.
 
5.- Cuál de las dos fue primero
Primero fue la pintura con mi primer cuadro al óleo, siendo un púber lo realicé empíricamente. Y después habiéndome enamorado por primera vez escribí mi primer poema de amor en 1965.
 
6 - La pintura se vende. Qué haces con la poesía
He podido vivir de mi pintura pero eso fue después de dos lustros de dedicarme a ello, antes viví de mi trabajo como maestro en la Universidad Nacional Autónoma de México, después la siguiente década tuve la fortuna de contar con un hermano visionario, que fue mi mecenas durante mucho tiempo. Además de la obra que yo vendía, él me compraba cuadros cada mes, fue muy generoso conmigo. Otra razón que nos unía fue que él también hacía poesía, habiendo publicado sus poemas.
Sobre si la poesía se vende. No se vende pero sí alimenta el alma, tanto de quien la escribe, como quien la lee.
 
7.- Puedes referirte a la historia de la poesía mexicana y mencionar a algunas figuras cimeras.
La historia de la poesía mexicana data desde la época de la cultura olmeca, maya, azteca y acolhua. Uno de los ejemplos más conocidos son los poemas de Nezahualcoyotl, en el virreinato; las figuras más conocidas fueron: Sor Juana Inés de la Cruz y Sigüenza y Góngora, en la independencia Andrés Quintana Roo, en la Reforma Guillermo Prieto, en el Porfiriato Ramón López Velarde e Ignacio Ramírez "El Nigromante", en la Revolución Maple Arce, Esteban Echevarría, Amado Nervo, Salvador Díaz Mirón. En la Posrevolución Salvador Novo, Carlos Pellicer Jorge Cuesta, Octavio Paz, Xavier Villaurrutia, Alfonso Reyes, José Gorostiza, José Revueltas. Entrelos contemporáneos Elías Nandino, Juan Bañuelos, José Emilio Pacheco, Jaime Sabines y los coetáneos Elsa Cross, Puri Yánez, Evodio Escalante y tantos más que resulta muy larga la lista.
 
8.- ¿Consideras que existe una influencia de poetas americanos y mexicanos?
Desde luego, he tenido admiración e influencia de Ezra Pound, Conrad Alken de canadienses Leonard Cohen, Emile Nelligan, Margaret Atwood. De Latinoamérica, Cuba Nicolás Guillén, Dulce María Loynas y José Martí, Uruguay: Mario Benedetti, Nicaragua Rubén Darío y Gioconda Belli, Perú con César Vallejo, Colombia, Porfirio Barba Jacob, Paraguay Josefina Pla, Chile, Vicente Huidobro, Salvador Rojas y Pablo Neruda, Venezuela, Andrés Eloy Blanc, Argentina, con Alfonsina Stormi, lo más seguro es que haya olvidado algunos más por nombrar. Es tan vasto el horizonte de la poesía, por eso pienso que podemos construir un riguroso mapa de nuestra región con  los nombres de tantos poetas existentes
 
9.- Menciona a poetas mexicanos desconocidos
Recuerdo la poesía de Maricela Guerrero, Tania Carrera y Cristian Pena, o bien el mordaz de Gerardo Miranda con sus poemas para maniáticos del fuego, el sexo, no menciono más porque desafortunadamente no conozco sus poemarios.
 
10.- ¿Cuál es el poeta mexicano preferido por ti?
 
Son tres: Octavio Paz por su completez poética, que va del amor al cosmos, Jaime Sabines, debido a su erotismo sobre la piel de la palabra y José Gorostiza a través de sus laberintos de la razón y el sentimiento arrimados siempre en sus poemas.
 
11.- ¿Es importante la participación de la mujer en la poesía mexicana?
Es más que importante, es necesaria, pues el universo de los poetas conocidos es más masculino que femenino, afortunadamente a partir de la segunda mitad del siglo XX, la mujer mexicana irrumpe con su propio discurso y se extiende en la poesía, adonde prevalece todavía un círculo literario poético machista. Así por ejemplo en el siglo veinte Lupita Amor es una de las grandes figuras, con una memoria extraordinaria para sus propios poemas y de poetas de siglos anteriores; Griselda Álvarez que además fue la primera gobernadora de una entidad en México, Rosario Castellanos que llegó a ser Embajadora de México, Esther Seligson además de ser crítica de arte, particularmente las artes plásticas.
 
12.- ¿Que motivó a convertirte en muralista?
Primero fue aquel recuerdo perdurable con el primer encuentro con los murales de Rivera de la mano de mi padre en 1961, después el tomar clases de pintura con el pintor y arquitecto Lino Picaseno y Cuevas a la par de mis estudios en la Licenciatura de Ingeniería Química y en la UNAM, además motivado con la idea de que la obra mural me permitiría expresar plásticamente mi espíritu analítico y crítico hacia la realidad social, política y cultural. Posteriormente como remate para mi toma de decisión, fue la influencia de un querido amigo pintor muralista, Daniel Ponce Montuy, aunque debo aclarar que ya había pintado mi primer mural para entonces.
 
13.- ¿Cuáles son las peripecias que has tenido en tu trayecto de muralista?
Las mismas que la mayoría de los pintores, luchar por obtener los muros, cuyo trabajo o diligencia es muy diferente y complicado con respecto a la obra de caballete. Como anécdota, les contaré que una semana al no tener dinero, sólo comí atún enlatado y pan. O bien el que me encargara obra y luego se desistiera de ellas, o robarme cuadros en galerías en el extranjero. Y la persistente necesidad de sacar a flote las familias que formé con las diferentes parejas, aunque afortunadamente sólo tuve dos hijas. Por último el tener que llevar una doble vida con dos trabajos para completar los gastos cotidianos.
 
14 - Cuál es el mural que mayor satisfacción te ha dado
Son varios, debido a las circunstancias diferentes en los procesos de su creación. El primero fue el pintado en  el campo y antes de transportarlo a la ciudad de México, realicé la primera exposición de un mural para ser visitado por campesinos del pueblo del Acoculco, lugar ubicado en la serranía de Chignahuapan, Puebla. El segundo el mural destinado a la Expo-Universal de Sevilla 92 y con ello inauguré la primera exposición itinerante de una obra monumental mexicana. El tercero, destinado a la Cámara de Diputados de México. El cuarto el donado a la Organización Mundial de la Propiedad Intelectual en Ginebra, Suiza. El quinto solicitado por la Fundación Franco-Británica para ser coordinado con adultos con problemas psiquiátricos. El sexto, el dispuesto en la estación principal del Metro, en Budapest.
Esto no quiere decir que el resto de murales no me hayan producido satisfacción al hacerlos, debo comentar que hasta hoy he pintado 67 murales en México, Canadá, Cuba, Argentina, Colombia, Ecuador, España, Francia, Suiza, Bulgaria y Hungría.
 
15.- Háblanos de muralistas mexicanos y su historia.
Es difícil por el espacio de esta entrevista referirme a la mayoría de los muralistas mexicanos, debido a la pléyade de pintores de este género que ha dado México; Los más conocidos internacionalmente son: Gerardo Murillo conocido como el Dr. Atl, Diego Rivera, José Clemente Orozco, David Alfaro Siqueiros y Rufino Tamayo. Pero igual de valiosos han sido Jorge González Camarena, Juan O' Gorman, Miguel Covarrubias, Roberto Montenegro, Aurora Reyes, Mario Orozco Rivera, Daniel Manrique, Daniel Ponce Montuy, José Hernández Delgadillo, Arturo Estrada, Jorge Flores, Francisco de Icaza, Guillermo Ceniceros, Adolfo Mexiac, Raúl Anguiano,  Pedro Medina y mucho más, la lista es enorme, debo decirle que hay 100 murales de pintores mexicanos repartidos en los cinco continentes.
 
16.- Qué importancia ha tenido el muralismo en la identidad de México
Ha sido vital, si comprendemos que ha integrado el imaginario histórico mexicano, aún más, ha representado el concepto de mexicanidad que ha dado lugar a la identidad nacional, antes de constituirnos como nación y después en los procesos de transformación social, política y cultural. México es una nación multicultural, con 64 lenguas sobrevivientes de 384 que hubo antes de la Colonia.
 
17- ¿Existe en la actualidad un movimiento muralîstico en México?
Por supuesto que sí, aunque no está fomentado ni contemplado en las instancias culturales del gobierno, como debía de ser. Faltan estímulos oficiales para la creación. Sin embargo, el muralismo sigue adelante, ya sea por la actividad individual de los pintores o bien a través de grupos organizados como lo son el Movimiento Muralista Mexicano, la Sociedad de Muralistas mexicanos por la Cultura Universal, colectivos como "Arte en guerra contra la guerra", entre otras organizaciones.
 
18.- ¿Cuáles son las diferencias estéticas entre la obra de caballete y la pintura mural?
Las diferencias son de origen teórico y práctico. En la pintura de caballete por lo general, la composición de los elementos representados  tiene, en el mejor de los casos, una armonía producto de la aplicación del número de oro o la sección áurea, el impacto visual de los colores y las formas por las dimensiones de sus superficies o perímetros son menores en comparación con el de las dimensiones de un mural, además en su mayoría tiene una ergonomía antropológica accesible, en otras palabras un cuadro es abarcable por el artista en el proceso de su creación, físicamente y visualmente.
En la obra mural la composición tiene como fundamento dar unidad a la diversidad de los elementos que constituyen la obra, a partir de esta condición se traza la sección áurea, aunada a la presencia de las constantes del espacio y el tiempo, tan necesarias para desarrollar el discurso plástico. Y la superficie no es abarcable por el artista, ni tampoco visualmente desde el sitio adonde él está pintando.
El artista debe imaginar cómo se ve lo que pinta a cierta distancia o bien cada vez que logra "el acabado" de una figura o motivo, bajarse del andamio y contemplarla a cierta distancia para comprobar que le ha generado el efecto que el artista ha buscado.
 
19.- ¿Existen tendencias renovadoras del género mural?
Existen tanto en la superficie que soporta el motivo que compone el mural como el empleo de nuevos materiales artísticos, sin olvidar el contenido semiótico de los murales. De tal manera que la técnica al "Fresco", en la mayoría de los casos ha sido remplazada por el uso de acrílicos, lacas automotivas y adhesivos con pigmentos naturales minerales, pigmentos artificiales, colorantes de origen animal o vegetal, resinas poliésteres mezcladas con silicatos o carbonatos, carbonatos siliconados, cementos y polímeros mezclados con colores, etc. Particularmente desde hace 4 décadas trabajo sobre  superficies de fibra de vidrio con mármol siliconado con una estructura que permite enrollar y transportar los murales.
Yo he experimentado a través de procedimientos con los materiales referidos, en busca del equilibrio de sus componentes a la cual bauticé como "Isoplâstica".
En referencia al discurso plástico se ha enriquecido con la diversidad de la temática tratada por los pintores de la generación nacida en la segunda mitad del siglo XX, representada con los murales con temas ligados no sólo a las realidades políticas y sociales, sino también al erotismo, la filosofía, la tecnología, las ciencias interdisciplinarias, la ecología, etc.
 
20.- El muralismo mexicano está presente en la ideología política y la filosofía; si así es; ¿puedes explicar de qué manera?
Está presente y considero que lo seguirá siendo mientras los graves problemas sociales, económicos y políticos existan, verbigracia, la falta de democracia social, la presencia de la injusticia, la miseria, el analfabetismo, la impunidad imperante y  todos aquellos lastres que arrastramos históricamente.
Relacionado con el contexto filosófico, basta indicar que México, como ya decía, es una nación multicultural cuyas manifestaciones culturales, cosmogónicas, paremiológicas, etc. son un valioso sustrato para redescubrir, recrear, y difundirlos a través de los murales.
El muralismo lo considero como uno de los "Filein" de la Filosofía adonde el "Logos", significado como la razón filosófica para comprender la Realidad, se expresa a través del discurso plástico iconográfico.  
 
20 - Le muralisme mexicain est-il présent dans l'idéologie politique et la philosophie? Si oui, pouvez-vous expliquer de quelle manière?
Il est présent et je considère qu'il continuera de l'être tant que les graves problèmes sociaux, économiques et politiques existent, par exemple le manque de démocratie sociale, la présence de l'injustice, la misère, l'analphabétisme, l'impunité dominante et tous ces boulets que nous trainons historiquement. En ce qui concerne le contexte philosophique, il suffit de préciser que Mexico, comme je le disais, est une nation multiculturelle dont les manifestations culturelles, cosmogoniques, parémiologiques, etc... sont un terrain fertile pour redécouvrir, recréer et les diffuser par le biais des murals.
Je considère le muralisme comme l'un des "Philein" de la philosophie où le "Logos", en tant que raison philosophique pour comprendre la réalité, s'exprime au travers du discours plastique iconographique.

 

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