Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

* CHEMIN SCABREUX

 "Le chemin est un peu scabreux

    quoiqu'il paraisse assez beau" 

                                        Voltaire 

VISITEURS

compteur

Publié par VERICUETOS

El poeta Orlando Jimeno Grendi y su esposa***

El poeta Orlando Jimeno Grendi y su esposa***

                                                             L E O N

 

***SCHERZANDO SERIOSO MA NON TROPPO***

                                                                            ¿Seré fautor de la inútil fazaña?

                                                                            ¿Seré cultor de la imbele folía?

Fantaisie quasi une sonate pour un Léon

de chambre libre.

 

Les poètes ?  Est qu’ils naissent et meurent vraiment dans les limites toujours faillibles de la mémoire ?

Qu’est ce que le temps ?

Comment-est-il ?

Coule-t-il vraiment ?

Es que nous vivons vraiment sur Terre ?

 

Dans une autre veille plus ancienne que l’intelligence nous imaginons notre éternité, transitoire comme tout ce qu’est humain ; fragile, précaire, vulnérable, comme l’insoutenable légèreté de tout ce que nous imaginons, comme quand nous marchons vers notre commencement, nous renaissons pour féconder l’inachevé, l’ineffable, l’intangible, nous allons  à notre naissance ; les origines nous attendent : naître c’est toujours renaître, naître c’est connaître, se dé vivre pour vivre, se dé vivre pour ensuite  en se révoltant révéler le cours et le décours  de notre vie. Vivre c’est toujours une rébellion, davantage une vocation qu’un destin ; Nietzsche l’a dit : toute adversité qui nous frappe sans nous détruire nous rend plus forts. C’est ainsi que l’homme réalise son « hominité » dans la créativité. Etre situé, c’est transiter. Nous sommes nous demeurons dans le flux continu ; hier fut, aujourd’hui devient. Nous sommes un avenir toujours au départ, nous sommes un présent perpétuel et un futur toujours à réinventer, nous somme un plébiscite de tous les jours. Alors ? Opposer quoi à la fugacité irrévocable, rectiligne du temps ?: La parole parabola ? La parole poétique ? La parole bergère de l’être ?

La parole qui fixe dans un moment toutes les éternités.

León De Greiff est né deux fois : une civil, à Medellín (Colombie) le 22 Juillet 1895 ; l’autre, poétique, habitant et citoyen extrême du dernier royaume possible : l’imagination.

Colombien, sa biographie nous rappelle son ascendance suédoise et   germanique, il est possible qu’en naissant se soit exclamé : Ich glaube dem Liebe !...Ensuite après une pause voyant sa terre brune et américaine eut  exulté : «  Comme j’aime la vie !

Depuis lors distrait comme il est, il a du oublier de mourir, après tout, la mort n’est qu’une distraction prolongée, ou peut-être, une certain nostalgie de la finitude qui ressent les vivants, ou ceux qui croient vivre, car, jusque à présent  personne n’a prouvé que la vie ne soit pas un rêve.

Je pense que ce viking-gothique qui savait déjà qu’en ouvrant les yeux et l’ouïe au savoir et à la saveur du tropique transplanté dans sa Colombie natale le limon d’autres mythologies.

Amérique, mémoire collective à  vocation  universelle, adition des origines diverses, adhésion a une patrie numineuse  et nombreuse, palpable et pulpeuse, patrimoine commun, graphie de De Greiff, à force d’être colombien il est américain, et en l’étant il devient universel. De Greiff fils d’une géographie inévitable traduite en termes ineffables : la terre devient musique,  celle-ci devient terrestre ; elles reviennent aux arcanes obscures et délicats de la mémoire récurrente et constante.

Itinéraire de l’âme réitérée, itérative, conjonction du signifiant qui rêve et  du son qui signifie.

Double fidélité du musicien et du poète ; l’ouïe possède la finesse de l’œil, et celui-ci la fertilité acoustique : entendre pour mieux voir. Synesthésie ?.....Bien sûr ! Comment non ? Un des recours favoris des romantiques et modernistes. De Greiff fut l’un et l’autre ; il exaspère en niant ce qu’il affirme  volontiers : la contradiction, la clarté nocturne  du Midi, le risque solaire de jouer sa vie dans un nocturne, pour la perdre. Ne joue pas ainsi un de ces hétéronymes, son Doppelgänger, le barde Serge Stepansky ?

Sans doute la vie est un enjeu ludique, de Greiff l’a bien compris en créant un étrange consortium des poètes ; Leo de Gris, Gunnar Tromholt, Harald L’Obscure, Beremundo L’étonné, Gaspar von der Nacht, Erick Fyördsson. Aèdes, bardes, rapsodes,  jongleurs, scaldes et Orphée, tel ce mythologique italien, Claudio Monteflavo.

Multiplier une personnalité dans un caléidoscope spéculaire signifie abolir l’illusoire consistance du Moi , atteindre son forteresse autiste et vide.

Qu’est ce que une personnalité sinon la projection utopique de l’homme éventuel ?

Une psychologie qui généralise le Moi dans un Tu communautaire, nécessairement traduit sa poétique dans une esthétique musicale.

Volume de la volute, spirale aspirée, esprit et cosmovision romantique, Degreiff aimante l’image objectivée dans le cadre ouvert du  vers moderniste, avec lequel il tente de rompre depuis l’intérieur de ses propres formes : «  Comme un hibou étonné, parallèle et sibyllin / Albatros seul augure taciturne »

Léon De Greiff, poète  qui se désagrège dans la multiplicité de ses divers hétéronymes en leur confiant la découverte de nouveaux  hémisphères imaginaires, par le son et le sens.

Les voilà ceux qui partent à l’assaut du « monotone pays du soleil sonore ».

Les voilà scaldes et bardes cinglant vers l’épopée des mythes et légendes fabulant paysages innominés, géomancie qui unit les hommes dans l’immarcescible  suite sonore des syllabes.

Le voilà le’ sens directeur de celui qui les professe et profère, de qui les aime et les écoute.

Une langue nous unit dans le même paysage mental, nous transforme de lecteurs en acteurs du drame qui se joue dans la même matrice tellurique.

De Greiff nous musicalise dans notre patrimoine commun, nous thématise dans la musique de notre langue, c’est le  chantre  oraculaire qui devient la voix d’un continent.

Mais, n’est-il pas la mission de un poète d’être la parole de son peuple ?

Étendue  du vocabulaire, variété du registre vocalique et empathie amphibologique du sémantisme ;

Voilà la Babel De Degreiff, notre tour commune.

Abolis les limites  du temps  de la géographie et l’histoire, nous entrons dans le vaste royaume du sens et du son  où la concordance des thèmes expriment la secrète et souterraine dialectique qui exprime l’impénétrable, l’ineffable qui palpe l’intangible qui nous sauve de l’usure du temps.

Peu comme lui pour éveiller la mystérieuse alliance de poésie et musique.

Peu comme lui, Panida  parleur du souffle poétique de l’inspiration buccale et vocale, fable fabulateur fabulant faustien fantastique fauteur de facéties fériales et faits, farabustateur des phonèmes faucons, faune de la faune et fleur mentale, néphelibate qui favorise le faste du fatras, rhapsode du âpre romance  médiéval, adroit et disert dans le calembour baroque, autant que subtile dans la suture de l’ancien et du moderne.

Peu comme lui « dans l’adresse  de celui-là et dans la manipulation de celles-ci » comme l’a dit son compatriote Jorge Zalamea.

De Greiff Léon de chambre à ciel  ouvert, le voilà équilibrant dans l’alchimie fragile du mouvement la parole, le rêve,  la musique. Dans cet arc où la tension du mouvement est une brise de  verre volante,

De Greiff Léon de chambre libre tient sa musique de chambre obscure dans l’air clair.

De Greiff Léon aède tu aimes le doux vagabondage doux de l’heure inachevée de la sonate lancinante du crépuscule, fait du temps, des mots et des cendres.

De Greiff Léon,

Es que les poètes naissent et meurent dans les limites chronologiques de la mémoire faillible ?

Peut-être augures d’un temps uchronique et d’un espace utopique ils nous proposent en demandent pour la parole de l’être et pour l’être de la parole la perception de l’ultra temps, de l’ultra espace comme à travers de la métaphore une ultra- réalité. L’idiome  c’est une chimère exacte, un objet qui devient un Objeu .

Que signifie jouer avec vocables et sons ?, sinon déplacer les limites métaphysiques d’un espace que habituellement nous considérons comme l’horizon moral et normal de nos perceptions.

De Greiff Léon de chambre  à l’air libre, point des limites et que l’abîme s’ouvre !, là dans l’insondable de la descente, le poète trouve  la vitalité de toute expérience orphique.

Ecoutons : «  Et si nous devons vivre et nous ne nous suicidons pas/ Pendant que nous vivons, jouons/ le simple sport des vocables »……« Un rituel de vocables sans ombre/ Jeu d’ange là-bas dans l’infini ».

 Huidobro  le cosmique,  coïncide avec la perception épanouie de l’espace et du rêve, là où Rilke fait naître l’ange terrible de la beauté et Orphée chante dans sa métamorphose : « Car Orphée est cela. C’est  sa métamorphose en ceci  ou cela. Pas la  peine pour nous de  chercher d’autres noms. Car une fois pour toutes quand cela chante, c’est Orphée».

Voici l’espace du jeu spéculaire ; derrière le masque d’Apollon classique, Dionysos exprime la violence pathétique. Voilà le dialogue d’Eros diserte avec Thanatos taciturne : « Le sort engendra les jumeaux/  Amour et Mort »  ( Fratelli, a un tempo stesso, Amore e Morte/ Ingenero la sorte »)

A prédit le tragique et lucide Leopardi.

Poésie ; dialogue érotique, jeu vocal, buccal, verbal, musique où se spiritualise le sexe, et se sexualise l’âme : « Leib bin Ich und Seele» ( Corps et âme je suis)  chante l’enfant dans Zarathoustra, cependant l’homme sage dit : « Je suis corps et rien d’autre »….«….L’âme est un mot qui désigne une partie de mon corps »……(Leib bin ich ganz und gar, un nichts ausz erdem ; und Seele ist nur ein Wort für eim etnas am Leibe…)

Poésie ; dialogue de la terre et de la nuit, midi nocturne de la mort,  évidence aveugle de l’amour,

charme  aimanté entre deux pôles extrêmes, passe la parole parabole palpable bergère de l’être : «Je passe comme la nuit d’une terre à l’autre ; / Je possède un étrange pouvoir de parole/ Le moment que je vois son visage Je connais l’homme que doit m’écouter. A Lui je dédie  mon récit a écrit pour toujours S. T. Coleridge.  (  « I pass like night from land to land ;/ I have strange power of speech,/

That moment that this face I see/ I know the man that must hear me;/ To him my tale I teach”)

Ecoutons De Greiff “ Ecoutez alors; Ecoute Ecoutez: Paroles sans un sens connu”.

Poésie ; dialogue de l’homme et l’infini. Parole, parabole pulpeuse et peuplée bergère de l’être.

Parole poétique qui en passant pose et pèse de tout son pas et passe en fécondant la fugacité humaine et  les dons de la terre.

 

Commenter cet article